Liberté, bonnes vacances

La liberté, est une chose dont je ne peux vraiment pas me passer. Liberté de dire ce que je veux, de penser ce que je veux, de faire ce que je veux, d’aller où je veux (bon, pour ces deux derniers points mon âge ne me le permet pas encore pleinement…). J’ai fait un constat assez décevant, étant en vacances au Maroc: on en manque cruellement, par ici.

D’abord, une petite précision: mon père est belge « de souche » et ma mère marocaine. Tous les deux sont assez portés sur la religion. Régulièrement, on vient au Maroc pour rendre visite à de la famille qui vit ici. J’ai donc l’occasion de voir les choses à travers les yeux d’un autochtone…

Il y a plusieurs aspects. Déjà, je n’ai pas le droit de dire ce que je veux, ici. Dès que j’ai le malheur d’exprimer une opinion négative sur ce pays, ses lois, son roi, on me demande de me taire, comme si des gendarmes allaient surgir tout autour de moi et m’arrêter au nom de la Royauté. Apparemment, c’est dangereux de tenir ce genre de propos par ici.

Liberté de penser ce que je veux. On est bien d’accord, je ne risque rien à ce niveau-là si je n’exprime pas ma pensée. Seulement si je n’exprime pas ma pensée. Mais si on savait ce que je pense de la religion, par exemple, on me regarderait avec un regard accusateur, inquisiteur, même.I

Liberté de faire ce que je veux. Alors là, sûrement pas: je suis une femme (ou presque). Bref, je n’ai le droit de presque rien faire ici. Me montrer en short, même devant un membre de ma famille, est une honte. Ici, partir de la maison familiale sans être mariée est impensable. Une amie, par exemple s’est mariée, afin de passer de passer de l’autorité de ses parents à celle de son mari. Une des raisons à son mariage (outre l’amooouuur) est que celui qu’elle a choisi la laisse faire ce qu’elle veut et s’habiller comme elle le veut. Mais elle doit tout de même plus ou moins faire ce qu’il lui demande de faire.

Mais il n’y a pas que ça. A les entendre, tout le monde a les yeux rivés sur tout le monde. On est en plein mois de Ramadan, et si par malheur on ressemble à un marocain, on ne peut pas boire ou manger dans la rue sans se faire dévisager ou même insulter.

Oui, parce que tout ça ne compte que si vous avez l’air marocain (en parlant ou physiquement), parce que si vous ressemblez à un étranger, tout le monde s’en fout.

Maintenant, moi, je rentre dans deux semaines. Mais qu’est-ce qui se passe pour ceux ou celles qui vivent ici et qui n’on pas les mêmes opinions ou les mêmes convictions que tout le monde ? Ce que je sais, c’est que ça ne doit pas être facile.

Je pense que si je devais, quand je serai adulte, revenir au Maroc, je ne parlerais que le français pour qu’on me laisse tranquille.

Publicités