Tu serais pas un peu hypocrite, des fois ?

J’avoue être parfois plutôt méchante. Sauf que je ne le suis jamais avec des gens qui ne m’ont rien fait. Si on me méprise, se moque de moi ou se montre méchant de quelque façon, je réponds de la même façon… Je ne devrais peut-être pas. Mais voilà, parfois ça soulage.

Mais quand tout à coup on apprend qu’un proche, quelqu’un qu’on aimait beaucoup et en qui on faisait confiance vous critique derrière votre dos, surtout si ce sont des critiques sur le physique. Je me sens assez forte pour supporter les critiques sur mon esprit, mon comportement, etc. mais quand c’est pour dire que je suis grosse ou moche, je trouve ça carrément bas.

Je veux dire, hey, on est censés être amis, non ? Je suis toujours honnête avec mes amis, tout en essayant d’avoir du tact. Tu peux pas en faire autant, au lieu de me tailler dès que je ne suis plus là ? Parce que si c’est pour revenir après me dire que je suis géniale, qu’on se comprend vraiment et que c’est coool, une amitié aussi honnête, tu ferais mieux de rester chez toi.

Enfin quoi, si tu me trouves tous ces défauts, pourquoi tu ne me le dis pas, pour que j’essaie de m’améliorer, ou encore mieux, pourquoi tu ne gardes pas ton avis pour toi ? Mais c’est vrai, maintenant que j’y pense, les moqueries représentent 80 pour 100 de tes « blagues », je ne voudrais surtout pas te retirer ça.

Mais au fond, je l’ai toujours su, je m’en doutais. Après tout, tu te moquais de tout le monde: tes copains, tes amis, ta copine… Pourquoi j’y échapperais.

C’est peut-être futile, mais ce qui me dérange le plus c’est que tu m’attaques sur mon physique. Ça devrait peut-être me rassurer, puisque beaucoup de ces critiques sont infondées…

Je ne sais pas si on redeviendra amis comme avant… J’ai essayé de me montrer un peu froide, tout à l’heure pour te faire comprendre que quelque chose clochait. Je n’ai pas envie de me séparer complètement de toi. Non, parce que je t’aime bien, quand même. Mais je ne pourrai sûrement pas m’empêcher de te lancer des piques à chaque occasion.

Je te punirai sûrement, malgré moi. Tu t’en rendras sûrement compte, et la dispute finira par exploser. Je te dirai tes quatre vérité, tu me diras les miennes (bien en face, cette fois, ça me changera de ta lâcheté). Et puis on continuera, on fera comme si de rien n’était, jusqu’à la prochaine fois.

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Liberté, bonnes vacances

La liberté, est une chose dont je ne peux vraiment pas me passer. Liberté de dire ce que je veux, de penser ce que je veux, de faire ce que je veux, d’aller où je veux (bon, pour ces deux derniers points mon âge ne me le permet pas encore pleinement…). J’ai fait un constat assez décevant, étant en vacances au Maroc: on en manque cruellement, par ici.

D’abord, une petite précision: mon père est belge « de souche » et ma mère marocaine. Tous les deux sont assez portés sur la religion. Régulièrement, on vient au Maroc pour rendre visite à de la famille qui vit ici. J’ai donc l’occasion de voir les choses à travers les yeux d’un autochtone…

Il y a plusieurs aspects. Déjà, je n’ai pas le droit de dire ce que je veux, ici. Dès que j’ai le malheur d’exprimer une opinion négative sur ce pays, ses lois, son roi, on me demande de me taire, comme si des gendarmes allaient surgir tout autour de moi et m’arrêter au nom de la Royauté. Apparemment, c’est dangereux de tenir ce genre de propos par ici.

Liberté de penser ce que je veux. On est bien d’accord, je ne risque rien à ce niveau-là si je n’exprime pas ma pensée. Seulement si je n’exprime pas ma pensée. Mais si on savait ce que je pense de la religion, par exemple, on me regarderait avec un regard accusateur, inquisiteur, même.I

Liberté de faire ce que je veux. Alors là, sûrement pas: je suis une femme (ou presque). Bref, je n’ai le droit de presque rien faire ici. Me montrer en short, même devant un membre de ma famille, est une honte. Ici, partir de la maison familiale sans être mariée est impensable. Une amie, par exemple s’est mariée, afin de passer de passer de l’autorité de ses parents à celle de son mari. Une des raisons à son mariage (outre l’amooouuur) est que celui qu’elle a choisi la laisse faire ce qu’elle veut et s’habiller comme elle le veut. Mais elle doit tout de même plus ou moins faire ce qu’il lui demande de faire.

Mais il n’y a pas que ça. A les entendre, tout le monde a les yeux rivés sur tout le monde. On est en plein mois de Ramadan, et si par malheur on ressemble à un marocain, on ne peut pas boire ou manger dans la rue sans se faire dévisager ou même insulter.

Oui, parce que tout ça ne compte que si vous avez l’air marocain (en parlant ou physiquement), parce que si vous ressemblez à un étranger, tout le monde s’en fout.

Maintenant, moi, je rentre dans deux semaines. Mais qu’est-ce qui se passe pour ceux ou celles qui vivent ici et qui n’on pas les mêmes opinions ou les mêmes convictions que tout le monde ? Ce que je sais, c’est que ça ne doit pas être facile.

Je pense que si je devais, quand je serai adulte, revenir au Maroc, je ne parlerais que le français pour qu’on me laisse tranquille.